Humeur des marchés
Un focus mensuel sur le marché des obligataires.

Tiraillement entre inflation et récession

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Ces deux dernières semaines, les marchés ont effacé une bonne partie de leur rebond estival. Ainsi, sur l’ensemble du mois d’août, le S&P 500 aux Etats-Unis a reculé de 2,6 % (en euros), et le CAC 40 en France de 5 %. Sur les marchés obligataires, l’emprunt d’Etat américain à 10 ans revient, cette semaine, sur ses plus hauts de l’année (3,5 % en juin) autour de 3,15 %. Son homologue français suit la même trajectoire (2,4 % en juin) autour de 2,05 % ces derniers jours.

Les perspectives d’inflation ne sont pas réjouissantes en zone euro, du fait, entre autres, d’une nouvelle poussée de fièvre des prix du gaz en provenance de Russie. L’inflation atteint désormais 9,1 % sur un an en août et dépasse 10 % dans 9 pays, raison pour laquelle les taux d’intérêt longs européens remontent actuellement plus vite que leurs homologues américains. A cela s’ajoute l’incertitude politique autour des élections législatives italiennes qui persistera jusqu’à la date du scrutin (le 25 septembre prochain), fragilisant davantage la zone euro. Ainsi, l’euro est passé sous le seuil de la parité avec le dollar.

A l’occasion du symposium de Jackson Hole, les banquiers centraux ont réaffirmé leur détermination à casser l’inflation, quitte à enrayer plus ou moins gravement la machine économique. D’ailleurs, les indicateurs d’activité font déjà grise mine : presque tous les indices PMI mondiaux évoluent en-dessous de 50 (le niveau de neutralité de l’activité), impliquant une future contraction de l’économie. Le passage par la case « récession » n’est plus tabou et est presque souhaité par les banques centrales pour dompter la hausse des prix.

Jeudi prochain, la BCE (zone euro) devrait se prononcer sur une hausse (avec une probabilité de 80 % à ce jour) de ses taux de 0,75 %, soit sa plus forte hausse depuis la création de la monnaie unique. La BoE (Royaume-Uni) quant à elle s’exprimera dans deux semaines et la Fed (Etats-Unis) dans trois.

En conclusion, la combinaison de la hausse des taux et des perspectives de récession économique nous amène à vous faire conserver à nos clients une sous-pondération en actions et une vie moyenne courte de leurs obligations.

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