Humeur des marchés
Un focus mensuel sur le marché des obligataires.

La fin d’un trimestre détonant

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Trois évènements majeurs ont marqué ce premier trimestre de l’année. Le premier, le plus récent, est la guerre en Ukraine ; il apporte son lot de drames humains et rebat les cartes de la géopolitique mondiale. Malheureusement, il accentue les effets des deux autres événements du trimestre, à savoir l’explosion des cours des matières premières (et donc de l’inflation) et le démarrage d’un nouveau cycle de hausse de taux par la banque centrale américaine.

Sur les marchés d’actions, ce « combo » ne s’est pas révélé catastrophique, alors même que ces marchés ont traversé leur pire trimestre depuis deux ans, c’est-à-dire le début de la crise sanitaire. Sur les marchés occidentaux, en euros, les baisses sont restées contenues depuis le début de l’année : -7 % pour le CAC 40 et le Nasdaq Composite, -3 % pour le Dow Jones IA et -9 % pour le DAX 40).

Sur les marchés obligataires, les taux ont fortement rebondi, surtout ceux des emprunts d’Etat. Le taux de l’OAT à 10 ans, taux de référence en France, évoluait en fin de mois au-dessus de 1 %, alors qu’il naviguait autour de 0,3 % en début d’année.

Maintenant, un phénomène rare s’est produit il y a quelques jours aux Etats-Unis : les taux des emprunts d’Etat à 5 ans ont dépassé ceux à 30 ans, ce qui n’était pas arrivé depuis 2006. Dans notre jargon financier, on dit que la courbe des taux s’inverse – ce qui signifie que les rendements à court terme dépassent le niveau des rendements à long terme. Cette inversion de la courbe des taux traduit l’inquiétude des marchés et des investisseurs de voir arriver un possible ralentissement économique, voire une récession, à un horizon de 12 à 18 mois, à la suite de la période de surchauffe et d’inflation que nous traversons actuellement. Ce passage à vide, s’il se réalise, entraînera une baisse de l’inflation, jusqu’à ce que la situation appelle une nouvelle stimulation de l’économie par la baisse des taux, et ainsi de suite…

Concernant la politique des banques centrales, le processus de resserrement monétaire (dont la hausse des taux directeurs fait partie) est bien plus en avancé outre-Atlantique qu’en Europe. Ceci tient tout simplement du fait que les métriques macro-économiques (emploi, croissance et inflation) américaines sont nettement plus fortes.

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