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Breakfast News | 31 mars 2022

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Benjamin Frazer, Associé chez Investeam.

Conseil en investissements obligataires sur mesure pour les institutionnels et organismes sans but lucratif.

Pas encore au sommet

L’indice des prix à la consommation est composé pour environ 11 % de l’évolution des prix de l’énergie. Depuis le début de l’année, les prix du gaz et du pétrole s’envolent respectivement de 52 % et 64 %. En Allemagne, l’inflation atteint 7,3 % sur un an en mars. En Espagne, elle frôle les 10 % (9,8 % exactement). En zone euro, le consensus ne prévoit pas de ralentissement de l’inflation avant cet été, où elle pourrait atteindre un pic autour de 9 %.

Quelques chiffres…

Indiquant qu’une décélération des prix à court terme est impensable aujourd’hui et que la dépendance européenne vis-à-vis de la Russie, de la Biélorussie et de l’Ukraine ne va pas se volatiliser en quelques semaines… En 2019, du temps où « tout allait bien », l’Union européenne importait de Russie 47 % de son charbon, 41 % de son gaz et 27 % de son pétrole. Et, malheureusement, la guerre en Ukraine n’affecte pas que les prix de l’énergie. La Russie et l’Ukraine cumulent près de 30 % des exportations mondiales de blé. La Biélorussie et la Russie produisent un tiers de la potasse (essentielle dans la production d’engrais) exportée dans le monde. Un dernier chiffre : l’Ukraine produit 70 % du gaz néon dans le monde, indispensable à la fabrication de semi-conducteurs.

Les gouvernements européens

Ils sont « entrés » dans le conflit russo-ukrainien plus endettés que jamais, alors même qu’ils ne sont pas encore sortis de deux années de soutien massif en réponse à la crise sanitaire. Aujourd’hui, l’inflation et la croissance leur permettent de faire croître leurs revenus, dans un contexte où la hausse du coût de la dette demeure soutenable. Il est donc difficile pour eux de ne pas « aider » les ménages et les entreprises. Les mesures de soutien recommencent donc à pleuvoir, surtout en France (campagne présidentielle « oblige »). Mais il est probable qu’elles aient un coût supérieur à l’augmentation des revenus des Etats, ce qui signifie que les Etats devront passer une nouvelle fois par la case « endettement ». La question de la soutenabilité de la dette sera encore repoussée…

La banque centrale européenne

De son côté, l’équation est franchement capitale et compliquée. Pour calmer l’inflation, rien de tel qu’un resserrement monétaire, c’est a priori facile. Mais de quelle inflation s’agit-il ? Sous-entendu, une hausse des taux directeurs de la BCE aura-t-elle un impact significatif sur la hausse des prix de l’énergie ? La réponse sera probablement non… Car, en resserrant trop fortement sa politique monétaire, la BCE ne risquera-t-elle pas de ralentir encore davantage l’activité sans véritablement calmer l’inflation ? Nous entrerions alors dans le scénario de la stagflation, à savoir une croissance atone et une hausse généralisée des prix cumulées, qui gagne en probabilité de jour en jour.

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Calendrier macro-économique

08h00 : croissance du PIB (Royaume-Uni)

08h00 : ventes au détail (Allemagne)

08h45 : indice des prix à la consommation (France)

09h55 : taux de chômage (Allemagne)

11h00 : taux de chômage (Zone euro)

14h30 : inscriptions hebdomadaires au chômage (Etats-Unis)

14h30 : indice des prix à la consommation (Etats-Unis)

15h45 : indice PMI de Chicago (Etats-Unis)

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