Breakfast News
Un autre regard sur l'actualité du jour
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Breakfast News | 22 octobre 2019

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Benjamin Frazer, Associé chez Investeam.

Conseil en investissements obligataires sur mesure pour les institutionnels et organismes sans but lucratif.

Remontée des taux souverains

Depuis la rentrée de septembre, les taux des emprunts des Etats les moins « risqués » de la zone euro (Allemagne et France en tête) n’ont quasiment fait que monter après leurs plus bas historiques du mois d’août. Rappelons que la BCE a assoupli de nouveau son intervention mi-septembre avec l’annonce d’un nouveau programme d’achat d’actifs (quantitative easing) et un taux de dépôt en baisse de 10 points de base (-0,5 %). A 10 ans, l’Allemagne emprunte à -0,35 % aujourd’hui, contre -0,71 % en août, et la France à -0,08 % contre -0,44 % aux mêmes périodes.

Est-ce logique ?

Trivialement non : une baisse des taux directeurs induit « normalement » une baisse des taux de marché. Le retournement haussier de ces derniers est donc plutôt illogique et révèle deux choses. D’une part, cette nouvelle intervention de la BCE est moins forte que les anticipations. Résultat, les taux ont beaucoup baissé avant et pendant l’été, puis un réajustement haussier s’est produit. D’autre part, les investisseurs ne croient plus en un énième assouplissement de la BCE et anticipent la phase d’après. Comme l’indiquait Draghi, l’assouplissement devra passer par les budgets des Etats de la zone euro. Donc, si les Etats font de la relance budgétaire, ils s’endetteront plus et, s’ils s’endettent plus, toutes choses étant égales par ailleurs, leurs taux d’emprunts remonteront !

Prêter à Netflix ?

Pour la troisième fois en un an, Netflix va faire appel aux investisseurs pour financer sa croissance. Le groupe s’apprête à lever 2 milliards de dollars d’obligations. Sur un an, un peu plus de 6 milliards de dollars ont été levés. Côté investisseurs, est-ce une affaire ? Selon nous, pas vraiment, pour trois raisons. Premièrement, sa structure financière se dégrade : son endettement rapporté à ses fonds propres et ses actifs ne fait qu’augmenter d’année en année. Deuxièmement, dans les prochains mois, le groupe va devoir faire face à une concurrence beaucoup plus féroce : Apple via AppleTV+ et Disney via Disney+ débarquent le mois prochain. Troisièmement, Netflix brûle de plus en plus de cash pour financer son développement en général et ses nouveaux contenus en particulier. Les flux de trésorerie disponibles s’enfoncent dans le rouge, ce qui rend le groupe vulnérable en cas de retournement sur son marché.

Une nouvelle journée d’essai au Royaume-Uni

Johnson a essuyé un nouvel échec au Parlement hier. Il y retourne aujourd’hui avec l’objectif de faire passer le projet de loi de retrait – la transcription en droit britannique de l’accord de divorce avec l’UE. En l’espèce, ce vote ne vaudrait pas ratification de l’accord négocié la semaine dernière. Cela lui permettrait simplement de faire voter une « motion de programme » engageant les députés à amender le texte d’ici au 31 octobre, pour pouvoir sortir de l’UE à la date prévue. Mais rien ne devrait se passer comme prévu…

Dans le reste de l’actualité

BNP Paribas noue un « partenariat stratégique » avec l’espagnol Allfunds, un acteur de la distribution et du suivi de fonds.

Justin Trudeau obtient un deuxième mandat mais sans majorité.

En France, le taux moyen d’apport personnel nécessaire à l’obtention d’un crédit immobilier atteint un plus bas (14,3 %).

Calendrier macro-économique

12h00 : enquête CBI de conjoncture dans l’industrie (Royaume-Uni)

16h00 : ventes de logements existants (Etats-Unis)

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