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Breakfast News | 22 avril 2020

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Benjamin Frazer, Associé chez Investeam.

Conseil en investissements obligataires sur mesure pour les institutionnels et organismes sans but lucratif.

Faute de stockage…

Hier expiraient les contrats Future (à terme) sur le pétrole brut américain (WTI) livrable en mai. En arrivant à leur échéance, ces contrats se dénouent : les acheteurs paient en cash les vendeurs contre livraison des barils. Actuellement, presque aucun vendeur n’a de quoi stocker les barils (au moins temporairement). Depuis des semaines, les stocks s’accumulent dans les entrepôts et sur les tankers, faute d’acheteurs dû au gel des secteurs du transport et de l’industrie notamment. A cela s’ajoutent, d’une part, l’abondance de la production saoudienne, et d’autre part, le débouclage de positions acheteuses spéculatives jouant le rebond du pétrole, qui ont accru le déséquilibre entre l’offre et la demande.

Le beurre et l’argent du beurre ?

Si vous aviez un garage vide, vous auriez pu faire une affaire ! Le cours de ces contrats Future – le prix du baril sur cette échéance imminente – est passé en territoire négatif ! Le prix a plongé jusqu’à -40 dollars lundi. Cela veut dire que, après dénouement des contrats, l’acheteur va prendre possession d’un baril en empochant un chèque de 40 dollars ! Un moindre mal pour le vendeur qui économise ainsi l’argent nécessaire à l’augmentation de ses capacités de stockage. Bien sûr, en ce qui concerne les contrats de même nature mais à échéance plus lointaine, le cours suit la tendance baissière, atteignant de nouveaux planchers ce matin.

Quelques résultats

Evoquée ces dernières semaines, la saison des publications des résultats trimestriels devrait apporter plus de visibilité sur la capacité des entreprises à « faire face ». Hier, Peugeot a rassuré sur sa trésorerie disponible malgré une baisse de 15,6 % de son chiffre d’affaires au premier trimestre 2020. Le groupe s’attend à un recul de 25 % du secteur en Europe. Hier, Peugeot était ainsi la seule valeur du CAC 40 à clôturer dans le vert (+0,26 %). Autre grand groupe qui publiait hier : Danone qui a présenté un chiffre d’affaires en augmentation de 1,7 % au premier trimestre, boosté par la hausse de la consommation à domicile et sous l’effet du stockage observé en Europe. Pour le reste de l’année, Danone a toutefois préféré retirer ses prévisions de (dé)croissance : le brouillard reste épais. Le titre en Bourse ne perdait que -2,7 % contre un CAC 40 à -3,77 %.

L’Italie fait le plein

Hier, le Trésor italien, premier emprunteur de la zone euro, a levé avec grand succès 16 milliards d’euros. Le carnet d’ordres (la demande) a même atteint les 100 milliards d’euros. Les investisseurs ont en tête que, dans la nouvelle version de son programme d’achats d’actifs, la BCE sera plus significativement acheteuse de dettes italiennes. Méfiance toutefois, car c’est le pays qui cristallise les inquiétudes au niveau de la zone euro. L’écart entre les taux d’emprunts d’Etat italiens et ceux d’emprunts d’Etat allemands (les plus sûrs de la zone euro) a augmenté ces derniers jours, atteignant presque la situation de mi-mars (2,8 % d’écart sur l’échéance 10 ans). Sous-entendu l’écart de risque a augmenté !

Dans le reste de l’actualité

Trump compte « suspendre temporairement » l’immigration légale afin de « protéger les emplois des citoyens. »

Calendrier macro-économique

08h00 : indice des prix à la consommation (Royaume-Uni)

08h00 : prix à la production (Royaume-Uni)

08h45 : climat des affaires (France)

16h00 : confiance des consommateurs (zone euro)

16h30 : stocks de pétrole brut (Etats-Unis)

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