Steven Groslin
ASG Capital

Le Point des gérants | 14 mai 2020 | Editorial

L’évolution possible des marchés financiers américains

De nombreux investisseurs regardent les mois à venir avec une grande inquiétude.

Certains escomptent un rebond notable, en forme de V. D’autres, à l’instar du célèbre économiste Nouriel Roubini, s’attendent à un retour plus progressif de l’activité, en forme de U, comme scénario principal. D’autres encore sont plus pessimistes quant à la récupération de la valeur détruite par des mois de confinement à l’échelle mondiale. A la croisée de ces différentes possibilités, des financiers, dont le fameux Warren Buffett, préfèrent ne pas s’engager dans une voie particulière, jouant la carte de la prudence et de la patience.

Les dégâts financiers du confinement et les différents scénarios de reprise dans l’économie réelle nous donnent déjà une bonne idée des possibles évolutions des marchés financiers. Cependant, il convient également d’intégrer l’impact des agissements de la Banque centrale américaine, la Fed.

Depuis de nombreuses années — marquées par l’effondrement boursier de 1987, la faillite du Hedge Fund LTCM en 1998, l’éclatement de la bulle internet en 2001, la crise des subprimes de 2008 et le Corona virus de 2020 — la Fed ne cesse d’intervenir pour soutenir ses grands marchés boursiers d’une manière ou d’une autre. A travers ces interventions, le fonctionnement du monde boursier américain s’articule aujourd’hui autour d’une dynamique parfois très différente du simple reflet de la santé de l’économie réelle et, à l’avenir, nous pourrions assister à une décorrélation encore plus marquée entre la vraie vie économique et le comportement des marchés financiers.

Passage en mode « no limit »

A cette décorrélation s’ajoute un tournant historique pris en mars et avril 2020 dans la gestion monétaire de la Banque Centrale des Etats-Unis.

Alors que beaucoup s’interrogent sur l’hégémonie financière des Etats-Unis dans les décennies à venir, il n’en demeure pas moins que les investisseurs internationaux se sont tournés en priorité vers le dollar US pour se protéger lors de cette crise sanitaire, comme le démontre l’explosion de la demande mondiale pour le US Dollar à partir de février 2020. Ainsi, par le biais de ses homologues à l’étranger, c’est bien la Fed qui a
fourni la liquidité nécessaire pour pallier le désordre engendré par cette demande exceptionnelle pour la devise américaine. Plus que jamais, la Fed démontre son rôle de prêteur « en dernier recours » sur la planète finance toute entière.

Outre l’apport de liquidités, l’institution se lance désormais dans une politique d’interventions inédites que Neel Kashkari, patron de la branche de Minneapolis, définit comme « sans limite » et qui s’articule autour de 3 volets : (1) sans limite sur le montant que la Fed pourrait engager ; (2) sans limite sur le temps d’application de ses mesures exceptionnelles ; (3) sans limite sur l’espace d’intervention : La Fed ne s’interdit plus rien en terme de périmètre d’action.

Ce tournant constitue une révolution profonde de toutes les politiques monétaires antérieures et, sur certains aspects, est même contraire à la charte de la Fed élaborée en 1913.

L’appui d’une « support team »

Le sort des marchés américains se joue de plus en plus entre les mains de sa Banque centrale et cette dernière se dit désormais prête à assumer ce rôle afin de gérer l’impact négatif des effets de la crise sanitaire. Cependant, certains craignent que ce costume d’argentier-boursier du monde ne soit trop grand pour elle. Un modèle de prévisions économiques dépassé, une lenteur de réaction, des actions indiscriminées qui vont parfois dans tous les sens, sans prendre en compte les spécificités du maillage complexe d’un système financier mondialisé… Tous ces éléments ne plaident pas en faveur d’une politique très interventionniste. Mais a-t-elle vraiment le choix au regard des énormes enjeux à venir ?

La Fed a la chance de contrôler la monnaie de réserve dont tout le monde dépend. Elle a la charge de superviser l’industrie financière la plus sophistiquée au monde, les marchés boursiers américains. Elle peut donc s’appuyer sur un tissu d’acteurs pour l’assister dans le déploiement de sa politique monétaire. De plus, certains de ces acteurs sont des fonds et banques privés ayant une surface financière considérable et un poids prépondérant sur les marchés boursiers mondiaux.

En résumé, la Fed et sa « support team » feront tout pour faire face aux incertitudes actuelles afin d’éviter le désordre lié aux scénarios les plus inquiétants. Cependant, cela implique qu’elle endosse un rôle quasi-administratif pour déterminer les prix d’actifs boursiers. Et, pour espérer s’en défaire un jour, il faudrait que la Banque centrale américaine réforme l’organisation de ses marchés financiers afin d’instaurer plus de résilience aux chocs de la vie. Le fera-elle ? Ça c’est un tout autre débat…

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