Regina Chi, CFA
AGF Investments

Le Point des gérants | 1er novembre 2019 | Editorial

Les guerres commerciales font naître de nouvelles occasions sur les marchés émergents asiatiques.

Soyons réalistes : l’âge d’or de la mondialisation est révolu. On pourrait même affirmer qu’elle est maintenant en déclin.

La mondialisation a permis aux actionnaires de récolter des milliers de milliards de dollars en valeur au cours des dernières décennies, tout en aidant des centaines de millions de personnes à sortir de la pauvreté. Il n’est donc pas étonnant qu’autant d’investisseurs envisagent un avenir maussade, alors que les flux de capitaux se tarissent un peu partout dans le monde.

Pourtant, les nouvelles ne sont pas toutes moroses pour les investisseurs. À vrai dire, il semblerait que cet affaiblissement cache un avantage : les marchés émergents asiatiques s’empressent d’ouvrir leurs portes et se positionnent de façon à tirer profit des déboires de la Chine qui souffre aussi bien des guerres commerciales incessantes et de la hausse des tarifs douaniers, que de la montée du populisme.

Certains pays comme le Vietnam, la Thaïlande, l’Indonésie et l’Inde sont sur le point de sortir de l’ombre, à mesure que les relations, tenues pour acquises depuis des décennies, évoluent et que de nouvelles alliances se forgent. Toutefois, les investisseurs à la recherche d’occasions à long terme devraient évaluer chaque pays comme une catégorie d’actifs à part, en fonction des politiques économiques et des moteurs de croissance de chacun.

Comment en est-on arrivé à cette situation ?

Si la mondialisation est à l’œuvre depuis la naissance du télégraphe et la construction du chemin de fer transcontinental, elle n’a cessé de fluctuer au cours des siècles. Son dernier véritable essor remonte à la signature de l’Accord de libre-échange nordaméricain (ALENA), lorsque les fabricants automobiles américains ont délocalisé une grande partie de leurs activités, d’abord au Mexique, puis en Chine, après l’admission de celle-ci au sein de l’Organisation mondial du commerce (OMC) en 2001.

Pendant des dizaines d’années, l’économie chinoise a reposé sur sa capacité à servir d’usine à articles bon marché pour le monde entier. Mais au cours de la dernière décennie, le pays s’est radicalement transformé, passant du statut de fabricant de pâles copies au rang de nation déterminée à escalader la chaîne de valeur au moyen de progrès technologiques, au point de menacer l’ordre mondial et la domination des États-Unis.

Cet avènement a fait des émules parmi les marchés émergents de la région, dont le développement déjà bien entamé devrait s’accélérer sous l’effet des guerres commerciales. Les entreprises cherchent en effet à revoir leurs investissements manufacturiers, dans le but d’éviter les sanctions tarifaires imposées par les États-Unis aux exportations chinoises.

Les nouveaux intervenants sur les marchés émergents

Au Vietnam, les parcs industriels se remplissent discrètement d’entreprises désireuses de se protéger face à la hausse de l’incertitude politique. Ce pays, dont l’économie connaît l’une des croissances les plus fulgurantes au monde, a récemment ouvert ses portes et peut se targuer de nombreux avantages par rapport à ses voisins asiatiques. Tout d’abord, il est frontalier de la Chine, ce qui facilite les livraisons. Il affiche aussi des coûts de production moins élevés qu’en Malaisie, une meilleure stabilité que les Philippines et la Thaïlande, de même qu’une plus grande accessibilité que l’Indonésie. Qui plus est, les ouvriers vietnamiens touchent approximativement la moitié de ce que gagnent leurs homologues chinois qui travaillent dans d’importantes zones manufacturières. Avec environ 70 % de sa population âgée de moins de 35 ans et plus d’un million de nouveaux travailleurs chaque année (selon la Banque mondiale), le Vietnam continuera de bénéficier, dans un avenir proche, d’un flux continu de main d’œuvre bon marché.

Parallèlement, les guerres commerciales pourraient, selon certains, permettre à l’Inde d’obtenir une seconde chance et de réaliser son potentiel de croissance, étant donné sa capacité de production d’électricité, ses structures disponibles, sa démographie favorable et la vague de nouvelles réformes annoncées ces derniers mois. Face aux difficultés économiques largement relayés dans les médias, le gouvernement indien s’emploie à mettre en œuvre un grand nombre d’initiatives de relance destinées à raviver l’économie moribonde, de même qu’à attirer de nouveaux investisseurs étrangers.

En effet, le gouvernement a récemment annoncé des mesures visant à libéraliser la réglementation des investissements directs étrangers dans les secteurs de la fabrication et de l’approvisionnement au détail. Ainsi, le taux d’imposition sera abaissé à 17 % et la fabrication en sous-traitance dans le secteur automobile pourra désormais être entièrement financée par des investissements directs étrangers, une étape importante qui aidera l’Inde à créer des chaînes d’approvisionnement mieux intégrées sur son territoire.

L’Indonésie et la Thaïlande devraient également profiter des retraits de capitaux hors de la Chine. Avec 42 % de sa population âgée de moins de 25 ans (selon des chiffres de la Banque mondiale), l’Indonésie est en bonne posture pour ravir à l’empire chinois une partie de sa capacité de fabrication. Le gouvernement indonésien a récemment annoncé qu’il ouvrira de nouveaux secteurs de l’économie aux investissements étrangers et qu’il appliquera des réformes du marché du travail d’ici la fin de l’année.

Quant à la Thaïlande, elle accueillait déjà la filiale d’un fabricant taïwanais de composantes électroniques avant que les ÉtatsUnis et la Chine ne s’enlisent dans leur conflit commercial. Cette entreprise prévoit désormais d’accroître ses capacités sur le sol thaïlandais, en plus d’établir une présence en Inde. Elle n’est d’ailleurs pas la seule entreprise à se délocaliser hors de Chine : une autre société taïwanaise, un fabricant de textiles au service de grandes marques de sport et de style de vie, a d’ores et déjà installé la majeure partie de sa capacité de production de vêtements au Vietnam et entend faire construire de nouvelles usines de textiles en Indonésie.

De son côté, l’un des géants de l’électronique sud-coréen a déjà retiré toute sa production de Chine, alors que les sanctions américaines contre des sociétés comme Huawei Technologies Co., Ltd devraient lui permettre de récupérer des parts de marché supplémentaires.

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