Martin Grosskopf, VP et gestionnaire de portefeuille
AGF Investments

Le Point des gérants | 11 avril 2019 | Editorial

Les investisseurs seront-ils galvanisés par les véhicules électriques cette année

Les prototypes de voitures électriques virent le jour pendant une période d’innovation effervescente et, aux yeux de certains, ne représentaient rien de plus que la maîtrise de la foudre. Cependant, la nécessité de découvrir de nouveaux moyens de locomotion pour les masses nouvellement urbanisées suscita de rapides progrès dans la construction des véhicules électriques. Le modèle T de Ford finit par supplanter les véhicules électriques. Même si plus d’un siècle s’est écoulé depuis l’invention de la voiture électrique, certains constructeurs automobiles classiques semblent faire le pari, plus que jamais, que l’électrification s’imposera plus tôt que beaucoup de gens ne le pensent. Qu’on en juge par cet exemple : le plus grand fabricant automobile à l’échelle mondiale a révisé à la hausse ses plans de production de véhicules électriques (VÉ) le mois dernier, indiquant qu’il produira 22 millions de VÉ au cours des dix prochaines années, comparativement à 15 millions d’unités selon ses plans antérieurs. La même semaine, un des « trois grands » a annoncé un investissement de 300 millions $US dans la production d’un nouveau VÉ, conformément à son objectif de vendre un million d’unités annuellement d’ici 2026. Cela n’est pas étonnant. Dans son rapport Battery Electric Vehicles, Deloitte, tout comme d’autres observateurs du marché, prévoit une hausse de 950 % des ventes mondiales de VÉ qui grimperont à 21 millions d’unités d’ici 2030, comparativement à environ deux millions de véhicules en 2018. Pourtant, d’autres prévisionnistes sont beaucoup moins enthousiastes. En d’autres termes, les projections de l’essor des VÉ semblent, à l’heure actuelle, relever davantage de l’art que de la science. Quoi qu’il en soit, il ne fait guère de doute que l’industrie automobile mondiale est en pleine mutation. Et là où il y a du changement, il y a des occasions d’affaires à saisir. Bon nombre d’investisseurs qui aspirent à concilier leur souhait de lutter contre les changements climatiques et les rendements de leurs placements se demandent dans quel secteur il est préférable d’investir, c’est-à-dire, quels investissements, parmi les énormes capitaux engagés, s’avéreront rentables en définitive. Est-il sage d’investir des fonds dans les entreprises qui augmentent actuellement leur production, ou vaudrait-il mieux attendre que d’autres grandes sociétés entrent en jeu, stimulant la production et l’expansion des parcs de VÉ ?
Dans ce concert discordant de points de vue sur le futur proche et de spéculations quant aux grands vainqueurs de la course, les investisseurs ont intérêt à examiner la chaîne d’approvisionnement.

La croissance mondiale du marché des VE

La Chine achète actuellement plus de la moitié des voitures électriques neuves produites mondialement, selon le rapport 2018 Global Electric Vehicles Outlook de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Pour sa part, la Norvège est à l’avant-poste de l’adoption des VÉ ; les taux de croissance de ces véhicules sont également élevés en Suède, en Allemagne et au Japon. Selon les données les plus récentes, les États-Unis se classent au deuxième rang après la Chine pour les ventes de VÉ. Celles -ci représentent toutefois une fraction très modeste de l’ensemble du marché américain de l’automobile, d’après le rapport de l’AIE. Les constructeurs spécialisés dans le seul domaine des véhicules électriques ont prouvé, hors de tout doute, que les consommateurs achèteraient des VÉ si la qualité de leur conception était satisfaisante. La réglementation a ouvert cette voie. En effet, l’essor des VÉ dans le monde entier est en grande partie stimulé par des politiques gouvernementales destinées à promouvoir l’atteinte d’objectifs de viabilité sociale et environnementale de même que par des incitations financières. Le mois dernier, dans le cadre de son engagement à adopter une stratégie de véhicules zéro émission, le gouvernement fédéral du Canada a créé de nouvelles subventions pour les véhicules électriques dans son récent budget. Par ailleurs, l’incapacité des véhicules diesel à répondre aux critères des programmes de lutte contre les changements climatiques contribue également à la croissance du marché des VÉ. Les émissions des véhicules diesel se sont avérées encore plus toxiques pour la santé humaine que celles des véhicules traditionnels, et les constructeurs automobiles ont réagi en délaissant la production des véhicules diesel en faveur de la fabrication de VÉ et de véhicules hybrides. Certes, les considérations d’évaluation entrent en ligne de compte dans l’analyse du secteur automobile en 2019, si l’on suppose qu’une récession sera évitée à court terme. Les actions des constructeurs automobiles ont été plombées pendant la majeure partie de 2018 par une combinaison de facteurs, soit les tensions commerciales
sino-américaines et européennes et la hausse des taux d’intérêt, qui rend plus difficile l’accès aux prêts à la consommation et accentue la baisse générale de la demande de véhicules en Amérique du Nord. Dans un contexte où les fabricants automobiles de la vieille garde accélèrent leur production de VÉ, les investisseurs feraient bien de réfléchir à l’impact que l’injection de milliards de dollars au titre d’électrification pendant les cinq prochaines années aura sur les actifs colossaux que ces constructeurs délaisseront. La demande actuelle de VÉ est-elle suffisante pour justifier cet investissement ? Et quelle sera l’influence sur le marché mondial des multiples nouveaux venus dans des pays comme la Chine, qui se sont engagés dans une course effrénée à la propulsion électrique ? Les moteurs à combustion constitueront vraisemblablement le parc automobile dominant pendant les prochaines décennies et, malgré l’accélération de la demande de VÉ, leur importance ne doit pas être négligée.

Suivre la chaîne d’approvisionnement

Il serait sage que les investisseurs se renseignent sur les technologies classiques qui aident à réduire les émissions provenant des moteurs à combustion, mais aussi sur les entreprises associées à la fabrication des VÉ en aval de la chaîne d’approvisionnement. De nombreuses occasions seront, selon toute probabilité, offertes par les entreprises qui produisent des batteries ou leurs intrants (cathodes, séparateurs, lithium, etc.). À mon avis, les technologies foisonnantes qui gèrent le flux électrique, de la batterie au moteur à propulsion électrifiée, présentent aussi d’énormes possibilités. Les VÉ représentent un jalon important vers les véhicules entièrement autonomes qui sont appelés à transformer le secteur des transports. Nous sommes actuellement dans une période de changements décisifs et de nombreux constructeurs automobiles traditionnels scellent déjà des alliances avec de nouveaux fournisseurs, ce qui crée une foule de nouvelles perspectives pour les investisseurs. 

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