Didier Jug

Le Point des gérants | 3 mai 2018 | Editorial

Edito Perspectives – La boîte de Pandore

Ce jeudi 3 mai, plus de 10.000 habitants d’Hawaï ont fui les coulées de lave et les vapeurs de souffre échappées d’une fissure après l’éruption du volcan Kilauea et, selon l’institut d’études géologiques des Etats-Unis (USGS), « de nouvelles coulées de lave pourraient survenir sans qu’il soit possible de prédire » où elles se produiraient. Si le tremblement de terre de magnitude 5, à l’origine de cette violente éruption, peut raviver les craintes d’une apocalypse géologique californienne, par analogie, il peut évoquer l’imprévisibilité des frappes récentes en Syrie en réponse à la violence des attaques chimiques perpétrées sur des civils.

Ainsi, nous pouvons nous intéresser aux dessous de l’opération Hamilton qui, dans la nuit du 13 au 14 avril dernier, a réuni la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis dans un effort militaire commun pour frapper des sites chimiques en Syrie. D’un point de vue tactique, ce raid occidental a été sans effet : les dégâts n’ont pas affecté les capacités militaires d’un Bachar el Assad, au demeurant, en passe de remporter le conflit qui l’oppose aux rebelles.

Cependant, nous pouvons trouver une autre justification à cette réaction occidentale. Si la motivation officielle est la sanction d’un crime humanitaire, à savoir l’attaque chimique dans l’enclave de la Ghouta —provoquant à juste titre la colère de la France, de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis, le motif était surtout d’adresser un message géopolitique occidental fort au monde entier et, en particulier, à la Russie et aux états trublions tels que l’Iran et la Corée du Nord. Si les frappes nocturnes et combinées, sous commandement opérationnel français, ont d’abord répondu aux raids aériens russes en Syrie — opérés par des Tupolev à long rayon d’action depuis le Nord de la Russie via le détroit de Gibraltar et la Méditerranée — à son tour, la France a pu démontrer à la Russie sa capacité de frapper à de très longues distances en autonomie complète. Enfin, cette démonstration — que seules deux autres nations au monde peuvent réaliser — adresse à qui veut l’entendre un message subliminal sur la crédibilité de notre dissuasion nucléaire.

D’un point de vue géostratégique, cette démonstration, qui bien sûr renforce la légitimité de notre siège au Conseil de Sécurité des Nations Unies (CSNU), ne peut éveiller en nous un sentiment de fierté que si nous faisons face aux responsabilités qui nous incombent au sein de ce conseil, en particulier au regard du respect du droit international. Et c’est précisément sur ce plan que l’opération Hamilton vient de créer un précédent ou, osons le terme juridique, une jurisprudence. En effet, pour être légales au regard du droit international, des frappes internationales doivent résulter d’une résolution du CSNU ou d’une demande d’intervention officiellement formulée par l’Etat en difficulté. L’opération Hamilton ne répondant à aucune de ces deux conditions, sa légitimité internationale a donc été évoquée. Cependant, cette justification porte en elle-même le doute quant au strict respect du droit international. Seul l’avenir nous dira si ce précédent a ouvert, ou pas, la boîte de Pandore.

Quelles suites peut-on envisager à cette opération ? Quel nouveau message géopolitique peut-on attendre des grandes puissances ? Bien malin celui qui peut répondre aujourd’hui à ces questions. Cependant, nous pouvons observer d’ores et déjà deux situations évolutives : la première en Corée du Nord qui semble baisser la garde en renonçant à son programme nucléaire et en affichant son souhait de se rapprocher de son voisin du Sud ; la seconde en Iran qui retient désormais l’attention internationale avec l’accord sur la limitation et le contrôle de son programme nucléaire. De fait, les cours du pétrole ont terminé en hausse ce jeudi 3 mai (à 73,62 dollars pour le baril de Brent de la mer du Nord), aiguillonnés par les craintes d’une sortie américaine de l’accord sur le nucléaire iranien. Dans un marché dopé par la croissance mondiale et donc dominé par la demande, le moindre doute sur la tenue de l’offre de pétrole pousse évidemment les prix à la hausse.

A l’approche de la date butoir du 12 mai sur le renouvellement par les Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, la volonté affichée de Donald Trump de s’en retirer, et celle de l’Iran de l’imiter si ce dernier mettait à exécution sa menace, nourrissent une situation déjà chaotique qui pourrait inciter l’OPEP et la Russie à abaisser leurs niveaux de production. Tout cela génère donc une grande nervosité des marchés face aux perspectives de plus en plus évidentes d’une hausse importante des prix du pétrole.

La géopolitique n’est pas sans conséquences économiques. Pour s’en convaincre, il suffit de rappeler la déclaration récente du Groupe Air France-KLM annonçant le renchérissement de sa facture de carburant de plus de 350 millions d’euros en 2018 du fait de la hausse des cours du pétrole ! Il est fort probable que, avec les avions, les prix des billets s’envoleront ! Nous voyagerons donc moins loin et moins souvent mais, pour mieux investir, nous aurons plus de temps !

Didier Jug
21 mars 2018

© Copyright - Investeam Design by O.L.C
31ad76180b
/wp-admin/options-general.php?page=olc-popup-disclaimer%2Femc2pdc-admin.php&lang=fr&admin_bar=1
8a2ee6901f
6604
1
Je confirme avoir lu et compris la totalité de ces informations juridiques.
Vous devez ticker la case et cliquer sur accepter.
Accepter
Refuser
http://investeam.ourlittlecompany.com.sg/
yes
1

Disclaimer

Ce site est strictement réservé aux investisseurs qualifiés tels que définis par le décret n° 2004-1019 du 28 septembre 2004 relatif au démarchage bancaire ou financier.
Les informations disponibles sur ce site le sont à titre informatif exclusivement et ne peuvent en aucun cas constituer une offre de produits et/ou de services. Elles ne peuvent donc être considérées comme une offre, une recommandation ou une sollicitation d’achat ou de vente. Ce site s’adresse aux résidents français et a pour objectif d’introduire les activités d’INVESTEAM ainsi que les caractéristiques principales des produits et services.

Il est du ressort de l’investisseur d’obtenir les conseils adéquats avant toute prise de décision quant à l’existence ou non, pour les produits et services offerts, de restrictions à l’égard de certaines personnes ou dans certains pays. Aucun des produits et services décrits ne peut être proposé à un investisseur si la loi, de son pays d’origine, du pays qui lui est appliquée ou appliquée aux produits et services, le lui interdit.

L’information contenue sur le site investeam.fr n’a aucune valeur contractuelle. Avant toute prise de décision et action, INVESTEAM recommande de lire attentivement les PROSPECTUS d’information et, plus généralement, tous les documents tenus à disposition du public.
Les performances passées ne constituent en aucun cas une garantie des performances futures, ni une garantie du capital investi. Le lecteur de ces informations légales doit toujours rester conscient que tout investissement peut générer des pertes.

La présence de liens hypertextes vers d’autres sites ne saurait engager la responsabilité d’INVESTEAM quant à l’exactitude ou tout autre aspect relatif aux informations contenues sur ces sites.

INVESTEAM s’efforce de mettre à jour les informations contenues sur le site et de corriger toutes éventuelles erreurs ou omissions dès qu’elles seront portées à sa connaissance. Toutefois, INVESTEAM ne saurait garantir la complétude, la fiabilité ou la pertinence des informations ou données contenues sur le site ni que leur transmission ou transcription sur le site soit exempte de toutes erreurs ou omissions.

Par exception, le visiteur peut imprimer ou recopier des informations pour un usage strictement personnel. Tout autre usage est soumis à autorisation formelle préalable.

Conformément à la Loi du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés, les informations communiquées par le visiteur ne sont pas diffusées à des tiers. Le visiteur dispose d’un droit d’accès et de rectification relatif aux informations le concernant à l’adresse suivante : investeam@investeam.fr. Ce site de droit français est soumis aux juridictions françaises et a pour langue officielle le français.

Accepter Refuser

X