David Dehache
Société de Gestion Prévoir

Le Point des gérants | 10 novembre 2017 | Editorial

La terre promise de l’intelligence artificielle

Asie

Le mois d’octobre a été marqué par la tenue du XIXe congrès du Parti communiste chinois.
Organisé tous les 5 ans au palais du peuple, place Tiananmen à Pékin, ce dernier a permis d’élire les instances gouvernantes du pays, dont en particulier le comité central du parti (environ 200 membres), le bureau politique du parti (25 membres) et surtout l’instance de direction constituée de 7 membres permanents. Il a également permis à Xi Jinping d’être reconduit à la tête du parti pour un second mandat de 5 ans.

La renaissance d’un rêve

Cette reconduction n’est pas une surprise en soi. Xi Dada (tonton Xi) avait en effet habilement utilisé la lutte contre la corruption pour écarter de nombreux adversaires. Toutefois, sa réélection prend une tournure particulière.
D’abord, il n’y a pas de successeur désigné et il est donc probable que le « règne » de Xi continue au-delà de 2022, d’autant qu’aucun des autres membres du comité permanent ne sera alors en âge de lui succéder. Ensuite, la pensée et la doctrine de Xi ont été inscrites dans la charte du Parti communiste chinois. C’est tout un symbole car aucun de ses deux prédécesseurs n’avait connu un tel honneur. Deng Xiaoping, l’architecte de la renaissance économique du pays, l’avait juste approché en n’inscrivant dans le marbre que sa théorie. En définitive, cette entrée dans la charte du parti place Xi à l’égal du fondateur du régime, Mao Zedong.
Fort de ses pleins pouvoirs, Xi Jinping va désormais régner sur le pays en ayant toute latitude pour le transformer.
Dans son discours de trois heures et demi au congrès, le président a donné sa feuille de route, se référant de nombreuses fois à la renaissance du rêve de grandeur de la nation chinoise. Son ambition n’est pas moins que de mettre la Chine sur les rails afin qu’elle devienne une puissance leader en 2050 et se libère de l’étiquette du « plus grand des pays en voie de développement ».

Une puissance leader en 2050

Les implications sont multiples. En premier lieu, cela signifie une Chine puissante avec une armée moderne. Cela augure une Chine entreprenante qui avance ses pions sur l’échiquier international, ce qui s’inscrit parfaitement dans le jeu d’alliances tissées depuis trois ans dans le cadre de l’initiative la Ceinture et la Route. Cela suppose ensuite une Chine prospère avec des Chinois qui bénéficient d’un meilleur niveau de vie. Cela implique enfin une Chine qui dispose de leaders mondiaux dans de nombreux secteurs d’activité en prenant, notamment, le leadership dans des secteurs comme les véhicules électriques, l’intelligence artificielle ou la Blockchain.
Impossible à ce stade de savoir si la Chine réussira dans ses objectifs. Retenons simplement le pronostic du patron de Google : il a indiqué récemment que les Etats-Unis devraient conserver leur leadership sur la Chine dans le domaine de l’Intelligence artificielle pour les cinq prochaines années avant de se faire dépasser par la suite. 

David Dehache
10 novembre 2017

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