David Dehache
Société de Gestion Prévoir

Le point des gérants | 5 octobre 2017 | Editorial

D’un stimulus monétaire à un stimulus fiscal

Le mois de septembre a été marqué par l’annonce des premiers détails du programme de réforme fiscal américain. Ce plan est d’importance car le président Trump mise beaucoup sur ce dernier pour restaurer la compétitivité de son pays avec, à la clé, la création d’emplois et de la croissance économique.

Changements de taille pour les multinationales…

Le plan vise d’abord à aider les particuliers avec un système simplifié d’imposition désormais composé de trois tranches : 12 %, 25 % et 35 %, au lieu des sept tranches actuelles.
C’est au niveau des entreprises que la différence sera la plus marquée. Partant d’un taux d’imposition de 39 % — le plus élevé des pays de l’OCDE —, le projet vise à le ramener à 20 %, soit en-dessous de la moyenne des pays industrialisés. Le taux d’imposition sur les petites entreprises et autoentrepreneurs serait de l’ordre de 25 % au lieu des 39 % actuels.
Autre changement de taille, les multinationales américaines étaient jusqu’à présent taxées à 35 % lorsqu’elles rapatriaient les profits réalisés en dehors des Etats-Unis, alors que ces derniers étaient déjà taxés localement. Désormais, elles devraient bénéficier d’un système territorial qui limiterait ou supprimerait cette taxe. On estime qu’il y a actuellement presque un billion (mille milliards) de dollars de profits détenus par les multinationales américaines et qui n’est pas rapatrié. La société Apple à elle seule représenterait 200 milliards.
Si cette taxe sur le rapatriement était supprimée ou fortement réduite, de nombreuses liquidités pourraient être injectées dans l’économie américaine, ce qui permettrait de booster les investissements et de stimuler la création d’emplois dans le pays, avec des effets positifs sur la croissance des entreprises. Le cash rapatrié serait également bénéfique pour les marchés financiers car il permettrait de financer du rachat d’actions.
Finalement, on passerait d’un stimulus monétaire piloté par la FED à un stimulus fiscal. Est-ce d’ailleurs un hasard du calendrier si cette annonce s’inscrit peu de temps après celle de la Fed sur un début de normalisation de la taille de son bilan ?

… Et pour le marché américain

Enfin, la mise en œuvre de ce plan aurait un impact sur la valorisation du marché américain. Selon Bloomberg, le SP500 se traite environ 17 fois ses bénéfices 2018.
En supposant qu’actuellement le taux d’imposition moyen des entreprises américaines soit de 30 % et en prenant l’hypothèse qu’il convergerait vers 20 % dès 2018 — cela devrait toutefois prendre plus de temps —, alors le price-earning ratio tomberait à 15. Et encore, ce calcul de coin de table ne prend pas en compte le fait que la croissance devrait être boostée et, par là-même, les profits. On serait alors à un PER de moins de 15.
Déjà à 17, je ne suis pas d’accord avec les cassandres qui parlent d’une bulle sur le marché américain, mais si le PE descend sous les 15, alors je pense même que ce n’est pas cher… 

David Dehache
5 octobre 2017

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