Didier Jug
INVESTEAM

Qu’en est-il de la remontée des taux ? | 20 septembre 2017 |  editorial

Voici la question du moment. Y répondre avec justesse conditionnera entre autres choses la qualité de l’allocation et de la construction des portefeuilles en 2018.

Dans sa dernière édition des Perspectives Economiques Intermédiaires, l’OCDE souligne non seulement la dynamique de croissance de l’économie mondiale, mais aussi l’accélération de son rythme, l’augmentation massive des investissements productifs et la croissance de l’emploi et des échanges commerciaux, soutenant — ce qui est assez rare — une croissance synchronisée dans la plupart des pays. Ainsi, après une année 2016 en demi-teinte, le rythme d’expansion en 2017 devrait être plus vif et connaître une accélération en 2018.

L’enjeu est donc de transformer ce sursaut vital en énergie fondamentale durable. Pour cela, il convient d’éviter la fièvre inflationniste. Si cette pathologie économique n’était pas anticipée et assortie d’un traitement préventif, elle imposerait un traitement curatif à dose de cheval qui briserait la dynamique de croissance mondiale.

Pour cette raison — et bien que la Chef économiste de l’OCDE Catherine Mann ait récemment déclaré : « Les perspectives de croissance à court terme reposent sur une plus large assise et la phase d’expansion est prometteuse, mais gardons-nous de tout excès d’optimisme. Il faudrait poursuivre sur la voie d’une politique monétaire accommodante… » — je suis persuadé que la FED et la BCE annonceront d’ici peu la fin de leurs politiques bienveillantes et la hausse de leurs taux d’intérêt. Et peut-être même dès ce mercredi 20 septembre, pour ce qui concerne la FED !

Si une telle annonce est une fusée rouge pour Catherine Mann, il est probable a contrario qu’elle soit perçue positivement par les marchés. En effet, l’OCDE prévoit une croissance de l’économie mondiale de 3,5 % en 2017 et de 3,7 % en 2018, assise sur une embellie de la production industrielle, une augmentation significative des échanges et un formidable essor des investissements en nouvelles technologies. La croissance devrait être également soutenue dans les grandes économies occidentales : aux États-Unis, elle devrait être de 2,1 % cette année et 2,4 % en 2018 et, dans la zone euro, de 2,1 % en 2017 et 1,9 % en 2018, en hausse par rapport aux précédentes estimations.

Voici donc une très belle embellie ! Espérons que ce retour d’un climat ensoleillé sera mis à profit dans tous les pays occidentaux pour opérer des réformes structurelles visant un meilleur usage des politiques publiques, en particulier en matière de prélèvements et de prestations pour parvenir à une croissance plus inclusive.

Quoi qu’il en soit, nulle nécessité dans ce contexte de préserver des marges de manœuvre monétaires excessives, au risque de libérer l’hydre inflationniste. Pour cette raison, nous parions sur une prochaine hausse des taux, pilotée et progressive, qui serait excellente à moyen terme pour les marchés et les investisseurs. Les marchés ne consolideraient pas de manière brutale et excessive et les investisseurs, restés prudents jusque-là, profiteraient d’opportunités d’investissements plus attractives qu’aujourd’hui, en particulier sur les marchés obligataires, et pourraient également maintenir leurs niveaux d’investissement sur les marchés d’actions. Est-il utile de rappeler que ces deux marchés sont sur leurs plus hauts historiques ?

Didier Jug
20 septembre 2017
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