Grégoire Painvin
JMC Asset Management

Le point des gérants | 13 septembre 2017 | Editorial

Ouragan et résilience

Les mois se suivent et… se ressemblent. La première moitié d’août a été chahutée sur un plan géopolitique — entre les attentats terroristes de Barcelone et les provocations répétées de la Corée du Nord qui a procédé à de nouveaux essais de missile balistique intercontinental — et également marquée par des tensions politiques aux Etats-Unis.

Une première mi-temps chahutée

En effet, le président Trump a dû gérer des dysfonctionnements au sein de sa propre administration, évinçant au passage son conseiller Steve Bannon, et la poursuite de l’enquête sur l’ingérence russe dans la campagne présidentielle, visant aujourd’hui son fils, Donald Trump Jr.
Les marchés financiers ont également mal réagi aux violents incidents racistes survenus à Charlottesville, dans l’Etat de Virginie, et surtout à la réponse de Trump face à ces dérapages — entre ses déclarations à l’emporte-pièce et la dissolution de deux comités composés de chefs d’entreprise chargés de le conseiller. Des rumeurs de démission du conseiller économique à la Maison Blanche, Gary Cohn, ont aussi contribué aux pertes observées sur Wall Street.

Une seconde période rassurante

Puis, soudainement, le marché est reparti à la hausse, les investisseurs privilégiant les fondamentaux. Les dernières publications de résultats trimestriels ont confirmé la bonne santé des entreprises américaines. De nouvelles et rassurantes données macroéconomiques ont continué de surprendre, culminant en fin de mois sur la publication initiale de la croissance américaine à 3% en rythme annuel au deuxième trimestre, bien au-dessus des attentes.
Le S&P 500 continue de franchir le « mur des inquiétudes » et même les ouragans Harvey et Irma n’ont pas réussi à faire dérailler l’indice. Le S&P 500 reste, sur dix mois consécutifs, sans enregistrer une baisse de plus de 3%, la deuxième série la plus longue de l’histoire.

On dirait le Sud…

Toujours est-il qu’aujourd’hui les regards restent focalisés sur le sud des Etats-Unis. L’ouragan Harvey a ravagé l’Etat du Texas il y a quelques semaines et Irma a fait de même en Floride ce weekend. C’est la première fois que deux ouragans de catégorie 4 touchent le sol américain la même année et le coût des dégâts risque d’être faramineux. Il est encore trop tôt pour connaitre l’impact économique pour le pays, mais rappelons que le Texas et la Floride sont, respectivement, les deuxième et quatrième plus gros états américains en termes de PIB. Les installations pétrolières du Texas ont été durement touchées. D’autres industries seront directement impactées comme l’immobilier, l’automobile, le tourisme et l’agriculture, sans oublier les répercussions secondaires.
Dans une note envoyée à leurs clients pendant le weekend, Goldman Sachs a estimé que les perturbations liées aux tempêtes impacteront le PIB du troisième trimestre d’un point de pourcentage. Cela étant dit, l’économie américaine est typiquement résiliente face aux catastrophes naturelles et l’impact négatif est généralement de courte durée. 

Grégoire Painvin
13 septembre 2017

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