Armin Zinser
Société de Gestion Prévoir

Le point des gérants | 28 août 2017 | Editorial

L’électromobilité prête à relever tous les défis…

Le Dax en Allemagne a été légèrement sous pression ces quatre dernières semaines du fait de son biais industriel, notamment à travers le secteur de l’automobile. La raison en est assez simple.

Avec un chiffre d’affaires de plus de 400 milliards d’euros, ce secteur est la colonne vertébrale de l’économie allemande. Plus de 60 % des voitures fabriquées en Allemagne sont destinés à l’export. La demande extérieure est donc un facteur crucial pour des sociétés telles que Daimler, BMW et VW, ainsi que pour tous les acteurs qui travaillent en synergie et avec ces constructeurs, tels que les équipementiers, entreprises d’outillages, etc.

… Mais pas à mettre KO les technologies classiques

C’est ainsi que se pose cette question primordiale : quelles conséquences, à court et long termes, engendrera la fin des moteurs à explosion ? Ce n’est pas encore très clair, mais on ne peut pas exclure qu’environ 5 à 10 % des effectifs pourraient disparaitre. En effet, les valeurs ajoutées des véhicules électriques sont bien moindres en comparaison de celles liées à la technologie classique.

Autre quasi-certitude, certaines entreprises ultraspécialisées ne survivront pas à ce changement disruptif. Si l’électromobilité atteignait 20 % de parts de marché (contre à peine 1 % aujourd’hui), cela devrait impacter significativement les bilans. Bien sûr, dans ce cas, il y aura probablement des perdants, mais aussi beaucoup de gagnants, et autant de valeurs sur lesquelles il convient donc de parier, ce qui n’est pas si simple. Quoi qu’il en soit, ce secteur possède une forte, voire une puissante, capacité à se réinventer.

Durant l’été, une autre actualité a occupé le devant de la scène : l’escalade des propos tempétueux et belliqueux tenus par la Corée du Nord, appelant des répliques, non moins agressives, de la Maison blanche. Les bourses mondiales ont plutôt gardé leur calme. Cependant, les cabrioles dialectiques de la Maison blanche étaient assez inquiétantes et les derniers commentaires de Trump sur les évènements de Charlottesville n’ont pas rassuré—loin de là, entraînant la démission d’un grand nombre de patrons américains du conseil économique, ce qui est fort regrettable.

Poursuivra, poursuivra pas…

Dans le contexte actuel, reste à savoir si la Fed va poursuivre sa politique de hausse des taux d’intérêt cet automne ou attendre le mois de décembre. Dans une situation politique un peu compliquée, une hausse pourrait être un vrai poison pour la bourse et une source d’accroissement de la volatilité.

Fort heureusement, la probabilité de voir ce scénario se réaliser n’est que d’environ 30 % et le pessimisme qui monte actuellement pourrait se révéler comme un signe favorable à la création d’opportunités d’investissement. Avec un impératif cependant, stopper l’ascension de l’euro face au dollar US (déjà 14% en 2017) ! Une dernière question est en suspens : la Maison blanche abriterait-elle un cygne noir ?

Á NOTER. Beaucoup d’investisseurs considèrent toujours l’investissement en actions comme dangereux, et certains vont même jusqu’à penser que cela revient à faire affaire avec le diable. Il existe pourtant une autre vision, très importante, et malheureusement peu prise en compte. Comment expliquer que seulement 5 à 8 % des patrimoines financiers en Europe soient investis en actions, quand les taux d’intérêt sont à zéro alors que, dans le même temps, les paiements des dividendes sont au plus haut, offrant des rendements largement supérieurs aux obligations ? Certes, la volatilité des actions à court terme peut parfois mettre les nerfs à rude épreuve, mais cet inconfort passager est largement compensé par la performance à moyen et long terme.
Armin Zinser
Le 28 août 2017
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