Didier Jug
INVESTEAM

Réussir son allocation d’actifs pour 2018| 19 juillet 2017 |  editorial

Démission du chef d’état-major des armées, réserve (pour ne pas dire hostilité) de La Grande Muette, résistances budgétaires, hésitations fiscales, discordes au sein de la majorité… Deux mois après son élection, Emmanuel Macron n’apparaît plus comme le président chéri des Français. Alors qu’il affronte sa première crise institutionnelle, le départ du Général de Villiers souligne les contradictions de l’Elysée qui appelle, simultanément, à des efforts de guerre et des efforts budgétaires.

Ce désaveu réciproque tombe d’autant plus mal qu’il encourage tous les opposants, jusqu’au sein de la majorité présidentielle, aux autres réformes à la fois dures et nécessaires que le président souhaite mettre en œuvre — à commencer par les économies demandées cette semaine à l’enseignement, la justice, l’intérieur ou encore aux collectivités locales qui s’opposent à la suppression de la taxe d’habitation. Tous ces efforts, certes brutalement réclamés, ont contrarié les ministères et les institutions concernés. Décidemment, les Français sont bien difficiles à gouverner. Ils sont assurément résistants au changement et l’opposition, moribonde il y a deux mois, en profite et retrouve de la voix : les députés LR ou encore la présidente du FN dénoncent les dérives démocratiques d’Emmanuel Macron.

Bien sûr, ces critiques sont, aujourd’hui, exagérées. Mais, comme le disait l’ancien chef d’état-major des armées, méfions-nous de la confiance aveugle. Pour autant, prudence et raison peuvent s’accorder : les Français devraient savoir que la situation générale, et la leur par voie de conséquence, ne pourront pas s’améliorer sans concessions. Cette réalité est incontournable et ce qui est vrai pour chacun de nous l’est aussi pour la France : l’excès de dépenses doit laisser place aux économies pour éviter la catastrophe.

Suivant ce principe simple et de bon sens, Emmanuel Macron doit rétablir l’équilibre de nos finances publiques pour redonner à notre pays ses pleines capacités. Il s’agit d’abord de réduire les dépenses pour réduire la dette, puis de simplifier la vie des Français pour favoriser la relance économique — une combinaison logique et vertueuse que nous devons endosser de bonne grâce sous peine de sombrer corps et biens. Et cela sans tarder : la BCE a laissé entendre qu’elle pourrait réduire son programme d’achats d’obligations vers la fin de l’année. Dans ce cas, la charge de notre dette publique et donc notre déficit budgétaire augmenteront inévitablement, altérant un peu plus le diagnostic santé de notre pays.

Pourtant, le retour à une meilleure situation est plus que jamais à notre portée : une majorité parlementaire pour bien gouverner, des mesures bien orientées et une reprise de la croissance internationale nous invitent à l’optimisme. Ainsi, les espoirs soulevés par cette politique se sont déjà traduits par un rétrécissement de l’écart de taux entre les OAT et le Bund et une surperformance des actions françaises par rapport aux actions européennes sur les trois derniers mois. Dans cette atmosphère positive, une prudence sur les obligations et un focus sur les actions, en particulier de la zone euro, pourraient être les clés d’une allocation d’actifs réussie pour 2018.

Didier Jug
19 juillet 2017
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