Grégoire Painvin
JMC Asset Management

Le point des gérants | 13 Juillet 2017 | Editorial

Pour l’instant, tout va bien

Le deuxième trimestre vient de s’achever et il est temps de faire un point à la mi-temps 2017.

Sur la première moitié de l’année, le marché d’actions américain a enregistré un gain, en devise locale, supérieur à sa moyenne annuelle depuis 1927. Et ce, avec une volatilité historiquement basse. Cependant, le marché n’a pas du tout suivi le script que les investisseurs anticipaient en début d’année.

En effet, après les élections présidentielles et la victoire surprise de Donald Trump, le consensus tablait sur la poursuite du Trump Trade : une relance de l’économie par la croissance grâce à des coupes fiscales, une refonte du paysage règlementaire et des projets de grands travaux rooseveltiens. Ces mesures auraient ainsi engendré une situation reflationniste, une hausse du dollar et des taux. Ce scenario devait bénéficier aux valeurs financières, industrielles et énergétiques ainsi qu’aux matières premières.

Contre toute attente

Or, pour l’instant, force est de constater que le Trump Trade s’est renversé assez rapidement. Les secteurs qui devaient être les plus pénalisés par l’agenda annoncé et les promesses de Trump, ont surperformé, notamment la technologie et la santé qui ont tous deux grimpés de plus de 16% sur le premier semestre, tirant le marché vers le haut.

Alors, qu’attendre de la deuxième moitié de l’année ? Le marché américain, reflété par le S&P 500, est proche de son pic historique et continue d’être tiré par un petit nombre de valeurs. Le secteur de la technologie, moteur de la première mi-temps, a récemment dévissé et celui de l’énergie est reparti à la baisse.

Les valorisations restent élevées dans l’ensemble, mais les investisseurs apparaissent complaisants, au vu de l’indice VIX qui reste à un niveau proche de son plus bas historique. Les niveaux de l’inflation vont dans le mauvais sens — aux yeux de la Fed en tout cas — et la banque centrale maintient sa volonté de normaliser sa politique monétaire en poursuivant sa hausse des taux directeurs et en entamant la réduction de son bilan d’actifs. En toute vraisemblance, les grands projets de Trump pour l’économie américaine ne devraient pas se matérialiser de sitôt.

Une situation toujours porteuse

Si tout ceci peut paraître pessimiste, nous restons positifs. L’économie américaine demeure stable et robuste. La croissance, quoique plus faible au premier trimestre que prévu, devrait se reprendre pour finir l’année entre 2 % et 2,5 %. Les fondamentaux des entreprises américaines restent bons dans l’ensemble. Une nouvelle saison de résultats trimestriels vient de démarrer et devrait afficher un quatrième trimestre consécutif de hausse des bénéfices en agrégé. Les acteurs économiques sont toujours confiants et, pour l’instant, la Fed reste très accommodante même si elle semble vouloir durcir le ton. Dans l’ensemble, la situation et les conditions financières restent porteuses.

Bien évidemment, nous ne sommes pas à l’abri d’un évènement imprévisible – un tweet maladroit, un incident diplomatique, une crise géopolitique, voire un conflit militaire. Tôt ou tard, le train déraillera mais il est impossible de savoir quand cet incident arrivera. En bourse, il n’y a pas de cloche qui signale la fin de la récré.

Nous n’anticipons pas un tel évènement avant 2018, voire 2019. D’ici là, la marche haussière du marché d’actions américain devrait perdurer, ponctuée d’une (ou plusieurs) petites corrections, occurrences tout à fait saines en temps normal. Toutefois, nous notons que ce n’est plus un environnement à bas risque comme le suggère la volatilité d’aujourd’hui. Peut-être ne sommes-nous pas en temps normal ?

Grégoire Painvin
Le 13 juillet 2017

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