Armin Zinser
Société de Gestion Prévoir

Le point des gérants | 7 JUILLET 2017 | Editorial

Rapide coup d’œil dans le rétroviseur

La première moitié de l’année boursière 2017 a permis de réaliser des profits significatifs, et cela quelles que soient les bourses occidentales.

En effet, au cours des six premiers mois de l’année, le CAC 40 a progressé d’environ 8 % (dividendes réinvestis) et le Dax Allemand de 7 %. Les actions européennes ont progressé dans l’ensemble de 8 % et celles de la région Asie de 13 %. Le marché US n’est pas en reste avec le S&P qui termine sur une performance de 7 % et le NASDAQ, l’indice des valeurs technologiques, qui a progressé deux fois plus vite. En revanche, la classe d’actifs qui a le plus souffert a été, une fois de plus, celle des matières premières.

Inévitable creux estival ?

Maintenant, en ce milieu d’année, la question est de savoir si ce rythme de progression va se maintenir au second semestre.

D’après les statistiques, les marchés d’actions ne brillent guère par leurs performances durant les mois d’août et de septembre, bien au contraire. Un probable creux estival se profile donc à l’horizon, notamment dans le contexte de valorisations ambitieuses que nous connaissons aujourd’hui. Cependant, une façon positive d’appréhender cette correction, dont le potentiel de baisse est d’environ 10 %, est d’explorer les nouvelles opportunités d’investissement qu’elle peut offrir.

Outre-Atlantique, malgré ou plutôt à cause de Trump, les indices US sont davantage sensibles. Leurs valorisations sont à un niveau historique, laissant peu de place à une hausse à court terme. Par ailleurs, les entreprises américaines ont tendance à augmenter le poids de leur dette en raison des taux d’intérêt qui restent historiquement bas. Ainsi, les grands groupes se sont de nouveau endettés, à un niveau qui ressemble fort à celui du passage à l’an 2000. Ils ont emprunté pour racheter leurs propres actions et/ou pour effectuer de nouvelles acquisitions — ce qui est une bonne décision si le management réussit par ailleurs à « booster » les résultats. Mais ce n’est pas toujours le cas… Au final, tout cela est très difficile à analyser pour des investisseurs externes et l’information disponible est à classer, plutôt, dans la catégorie marketing.

Introduction en bourse, prudence de mise

En conclusion, il est raisonnable de dire qu’il est difficile de trouver des titres de qualité bon marché. Cela ne signifie pas que les cours ne peuvent plus progresser, bien au contraire. En règle générale, un marché ne s’arrête pas à un « juste » prix ; il pèche toujours par excès, aussi bien à la hausse qu’à la baisse.

En Allemagne, au cours du premier semestre, nous avons assisté à 3 (!) introductions en bourse, ce qui est en décalage flagrant avec le reste de l’Europe où pas moins de 86 entreprises se sont introduites en bourse sur la même période. Une explication plausible serait que, après connu une année 2016 très volatile (prix de pétrole, Brexit, élection de Trump), les chefs d’entreprises soient redevenus prudents, car une introduction en bourse nécessite un bon market-timing. Beaucoup de placements ont donc été réalisés auprès d’investisseurs de Private Equity au lieu d’être côtés directement en bourse.

Armin Zinser
Le 7 juillet 2017
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