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Le point des gérants | 9 JUIN 2017 | Editorial

Elections britanniques : marche à suivre et implications

Les élections britanniques ne se sont pas déroulées comme prévu. Avec 319 sièges au parlement, contre 330 aux dernières élections, le parti de Theresa May ne gagne pas les 326 sièges nécessaires pour former une majorité absolue.
Au moment où les élections ont été déclenchées, le Parti conservateur disposait d’une avance confortable dans les sondages et ces élections anticipées devaient renforcer son étroite majorité parlementaire dans la perspective des négociations sur le Brexit qui doivent s’ouvrir le 19 juin 2017. La raison voulait qu’une majorité renforcée améliorât la position du Royaume-Uni dans les négociations avec l’Union européenne. Au lieu de cela, la perte de la majorité absolue au parlement a mis en évidence le fait que l’opinion publique s’est retournée contre la politique d’austérité du Parti conservateur et que ce dernier continue de perdre le vote populaire.

Hard ou Soft Brexit ?

Au lendemain du vote, Theresa May s’est empressée de tenter de former un nouveau gouvernement en indiquant qu’elle passerait un accord avec un parti minoritaire, probablement le Parti unioniste démocratique d’Irlande du Nord (DUP), ce qui lui permettrait d’améliorer ses chances d’obtenir une majorité suffisante. Il est à prévoir que le DUP, en échange, cherchera à obtenir de Theresa May des concessions, en particulier son appui pour conserver une frontière « souple » entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande. Ce qui impliquerait aucune sortie de l’union douanière (avec la libre circulation des personnes) et donc pas de « Hard Brexit. »
Notre opinion première est donc qu’un accord informel avec le DUP mènera finalement à un dénouement plus souple du Brexit dans un contexte qui reste, malgré tout, indécis.
A cela s’ajoute le risque que le Royaume-Uni se trouve dans l’incapacité de parvenir à un accord ferme avant la date butoir du Brexit du 30 mars 2019. Par ailleurs, la situation de Theresa May comme leader est incertaine et dépend de sa capacité à faire adopter les projets de loi au parlement. Enfin, une autre élection dans les prochains douze à dix-huit mois n’est pas totalement exclue.

Implications pour les marchés

Le résultat des élections a créé finalement un plus large éventail de conséquences dans les négociations sur le Brexit. Néanmoins, nous pensons que l’impact des élections britanniques restera limité au Royaume-Uni.
Les incidences sur les actifs à risque seraient les suivantes.

  • Livre sterling. En baisse de 1,8 % par rapport au dollar US (au moment où nous écrivons ces lignes) — ce qui reflète une incertitude politique accrue — la livre sterling devrait restée sensible aux conditions du marché et agir comme indicateur sur l’état du marché. Une monnaie plus faible pourrait à son tour exercer une pression à la hausse sur l’inflation qui a atteint, en avril 2017, son plus haut niveau depuis quatre ans. Nous observons également qu’avec un déficit de compte courant significatif le Royaume-Uni est incapable de défendre sa monnaie.
  • Actions UK. Elles se sont bien comportées avec un FTSE 100 en hausse de 10 % aujourd’hui (en GBP). Ce n’est pas surprenant puisque 70 % de la cote se composent de sociétés exportatrices qui bénéficient d’une livre sterling plus faible.
  • Prévisions de croissance. Dans la mesure où l’incertitude étreint la confiance des consommateurs et des entreprises, le résultat des élections pourrait peser sur la croissance économique à court et moyen terme. La fragilité persistante de la livre sterling alimentera l’inflation qui réduira à son tour la croissance des revenus réels.
  • Actions européennes (ex UK). Matérialisées par l’EuroStoxx 50, elles sont en hausse de 0,6 % aujourd’hui. Nous pensons que l’impact des élections restera limité au Royaume-Uni. En Italie, soulignons qu’une élection est maintenant peu probable avant le printemps 2018, les trois grands partis politiques n’étant pas parvenus à se mettre d’accord sur l’amendement de la loi électorale. A court terme, cela supprime le risque politique le plus important sur les actions européennes. Avec des valorisations relativement attractives, une croissance élevée des bénéfices et des révisions des estimations positives, nous pensons que les actions européennes continentales sont bien placées pour surperformer.

En conclusion, le résultat des élections britanniques crée une incertitude pour les investisseurs qui se reflète dans la faiblesse de la livre sterling. Cela incite à se sous-exposer au Royaume-Uni en général, avec un biais en faveur des exportateurs qui devraient être avantagés par la faiblesse du Sterling.
Enfin, nous prévoyons que l’incertitude la plus forte restera limitée aux actions britanniques dans la mesure où les aspérités politiques ont été largement gommées partout ailleurs en Europe. Nous restons positifs sur les actions zone euro compte tenu de leur valorisation attractive, de l’élan positif sur les révisions d’estimations positives et le dynamisme des prix.

Extrait d’AGF Investments Insight
Le 9 juin 2017

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