Grégoire Painvin
JMC Asset Management

Le point des gérants | 12 mai 2017 | Editorial

Un entrain qui ne se dément pas

Il y a quelques semaines, la publication initiale du PIB américain pour le 1er trimestre 2017 affichait une croissance de 0,7% contre 1% attendu par le marché.

Ce chiffre, qui pourrait être révisé, était quoi qu’il en soit bien en-dessous des attentes et a été perçu comme décevant dans son ensemble. Notamment pour des raisons saisonnières, il est important de rappeler que, depuis quelques années, la croissance américaine s’affiche plus faible que prévu au 1er trimestre avant de rattraper le tir le reste de l’année.

Trump Trade es-tu là ?

Cela dit, la croissance américaine reste relativement molle et, désormais, les Etats-Unis ne représentent plus le moteur principal de la croissance mondiale. Le nouveau gouvernement a eu beau annoncer un objectif de 3% de croissance pour 2017 lors de la présentation de son plan fiscal — enfin, les très grandes lignes du plan car nous avons beaucoup de paroles et peu de concret depuis le début de la présidence Trump — c’est sans surprise que le Secrétaire du Commerce Wilbur Ross vient d’expliquer à quel point cet objectif serait difficile à atteindre, accusant bien sûr au passage le camp des Démocrates.

Cependant, malgré les nombreux jeux politiques actuels, le marché d’actions américain continue de franchir des sommets. Ainsi, le S&P 500 a clôturé à un plus haut historique pas moins de 16 fois depuis le début de l’année. Entretemps, le VIX — l’indice de la peur, une mesure de la volatilité implicite du marché — a récemment touché un niveau inédit depuis 24 ans ! Il est maintenant probable que la perspective d’un Trump Trade — mais a-t-elle vraiment existé ? — se soit renversée en début d’année.

Alors, comment expliquer l’entrain du marché ? Ce dernier procède en partie de la reprise de la croissance globale et de la diminution des risques politiques, notamment après la victoire d’Emmanuel Macron en France.

Une saison trimestrielle très positive…

Cependant, la raison principale de ce momentum repose sur la croissance des bénéfices et la bonne santé des entreprises. La saison des résultats trimestriels des entreprises américaines est sur le point de s’achever et se révèle très positive dans l’ensemble. A ce jour, environ 90% des valeurs du S&P 500 ont publié leurs résultats trimestriels et près de 80% d’entre elles ont battu les estimations. Bien sûr, il importe de relativiser dans la mesure où les analystes ont tendance à être très optimistes douze mois avant la publication des résultats, de manière à pouvoir réviser à la baisse leurs estimations à mesure que l’échéance approche.

… Et de bon augure pour la suite

Toujours est-il que les entreprises américaines continuent de croître dans l’ensemble. Selon Bloomberg, les entreprises ont accru leurs chiffres d’affaires de 8,7% en agrégé et leurs bénéfices de 15,5%, la plus forte croissance depuis 2011. Les secteurs de l’énergie et des matières premières — très fragilisés ces dernières années avec des pertes significatives pendant de nombreux trimestres consécutifs — ont fortement contribué à cette croissance.

De bon augure pour la suite, les deux plus importants secteurs au sein du S&P 500 — à savoir la technologie et la finance qui représentent à eux deux plus de 36% de l’indice — ont eux aussi affiché une forte croissance des bénéfices en agrégé, respectivement de 23,1% et 18,5%.

Si l’on s’en tient aux prévisions des trimestres à venir, cette tendance pourrait perdurer et continuer de soutenir l’élan des marchés d’actions américains.

Grégoire Painvin
Le 12 mai 2017

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