Ani Markova
 AGF INVESTMENTS INC.

Le point des gérants | 2 mai 2017 | Editorial

De meilleures perspectives pour le secteur junior des mines aurifères

Durant la baisse prolongée du prix de l’or entre 2011 et 2015, le secteur minier a réagi en réduisant les coûts afin de préserver la rentabilité. C’est ainsi que les dépenses d’exploration, d’investissements de maintenance et de développement ont été réduites. De même, de grands projets miniers qui nécessitent des investissements importants ont été abandonnés. Enfin, de nombreuses petites exploitations minières n’ont pas été en mesure de dégager les liquidités requises pour la poursuite de leurs projets aurifères.
Aujourd’hui, tandis que le prix de l’or s’est quelque peu redressé, les sociétés aurifères affichent une propension plus grande à la dépense. Cependant, il est peu probable, selon nous, que ce niveau élevé d’investissement soit de nature à remédier au déclin de la durée de vie des mines auquel le secteur est aujourd’hui confronté.

Ralentissement de la production et des réserves exploitables

Les réserves minières — les onces d’or identifiées comme étant économiquement extractibles — des gros producteurs d’or ont diminué au cours des cinq dernières années en raison de la baisse des investissements dans les années précédentes, ce qui a également occasionné une diminution de la durée de vie des mines. Désormais, les gros producteurs d’or disposent, approximativement, de réserves pour une durée de vie de mines de 12 ans en prix courants(1).

Tableau 1
Les réserves d’or ont baissé au cours des 5 dernières années à un niveau d’il y a 30 ans(2).

Source : rapport d’entreprise au 31/12/16.
Présentation Goldcorp company, 28/02/17.

F&A et joint-ventures pour des projets de qualité

Tandis que les grosses sociétés aurifères sont confrontées au raccourcissement de la durée de vie des mines, nous prévoyons que les activités de fusions acquisitions (F&A) vont cibler les sociétés minières de petites et moyennes capitalisations qui ont acquis de nouvelles zones minières offrant des gisements potentiellement exploitables.
Un exemple, l’annonce par Goldcorp de l’acquisition, en 2016, de Kaminak Gold qui contrôle le projet Coffee Gold situé au sud de Dawson City dans la région du Yukon au Canada. Nous observons également de plus en plus de gros producteurs aurifères qui prennent des participations dès les premières étapes de projets développés par des petites sociétés minières de façon à poser une option sur la production minière future et à financer le développement de petites sociétés minières.
Les joint-ventures sont également en progression avec des partenariats entre gros producteurs aurifères visant à développer des projets de mines d’or de grande envergure qui nécessitent des investissements importants. Ainsi, Goldcorp et Barrick Gold ont récemment annoncé un joint-venture à 50/50 pour développer les projets de Cerro Casale et Caspiche copper-gold porphyry au Chili, un exemple qui montre comment les producteurs aurifères cherchent à dégager de la valeur pour des actifs qui requièrent des investissements d’infrastructures importants.
L’activité de F&A et les joint-ventures sont, de notre point de vue, de bon augure pour les petites sociétés aurifères dotées de projets de qualité. De plus, le prix de l’or ayant remonté, les petites sociétés aurifères ont amélioré leur capacité à accéder aux financements nécessaires, sous la forme d’investissement en fonds propres et/ou en dette, avec des réserves de liquidités qui sont passées d’à peine 70 millions CAD en juin 2015(3) à 240 millions CAD aujourd’hui. Cela a également contribué à accroitre la capacité des petites sociétés à faire avancer leurs projets respectifs et dégager de la valeur.

Le cas d’Osisko Mining Corporation

Au cours de l’année écoulée, nous avons augmenté notre exposition aux petites sociétés minières qui constituent des opportunités attractives et sont, selon nous dans le contexte de marché actuel, sur le point de surperformer.
Citons l’exemple d’Osisko Mining Corporation pour illustrer notre propos. Cette petite société aurifère se concentre sur l’exploration et le développement de son projet Windfall gold au Québec. Ce dernier renferme une zone de ressources de 1,6 million d’onces d’or et comporte par ailleurs un programme de forage ambitieux qui pourrait générer une forte croissance des ressources. La société est gérée par une équipe ayant d’excellents antécédents de gestion – elle a réorganisé, développé et construit le projet de 10 millions d’onces Canadian Malartic gold au Québec ; projet qui fut, par la suite, racheté par Agnico-Eagle et Yamana Gold. Qui plus est, le projet aurifère amiral recèle un potentiel de développement et des résultats d’exploration encourageants. Ayant récemment levé 80 millions $ en capital, la société a le financement nécessaire pour poursuivre l’exploration et l’exploitation de ses ressources. Elle gère le programme d’exploration sans doute le plus important au monde avec ses 18 puits de forage actuellement en activité sur son territoire. L’équipe de gestion planifie déjà l’installation de l’infrastructure nécessaire au traitement, ce qui est un bon indicateur du niveau de confiance dans la taille et la pérennité du gisement.

Tableau 2
Performance décembre 2016 – avril 2017

Source : Bloomberg, 24 avril 2017.

Une stratégie de gestion de portefeuille très bien diversifiée

Nous pensons que des investissements dans des sociétés aurifères juniors peuvent offrir une forte valeur ajoutée, bien qu’ils ne soient pas sans risque. Les risques liés à l’exploration, aux permis, à la métallurgie, au financement et à l’exécution sont plus élevés, ce qui implique une stratégie de gestion de portefeuille très bien diversifiée avec la construction d’un panier de sociétés minières juniors dans des zones potentielles.
En conclusion, Nous pensons que l’environnement actuel de ralentissement de la production minière et des réserves exploitables est favorable aux sociétés minières juniors ayant des projets de qualité financés par des investisseurs et/ou par des plus grosses sociétés minières seniors. Nous pensons que les facteurs fondamentaux de réussite —la connaissance approfondie de l’industrie et la diversification — ainsi que l’activité de F&A sectoriel, fourniront un cadre favorable à une surperformance dans les mois à venir.

Ani Markova
Le 2 mai 2017

(1) Prévisions SCOTIA Bank GBM, 20 mars 2017
(2) Prévisions SCOTIA Bank GBM, avril 2017
(3) Junior mine 2016 Signs of Life, PwC Canada, 2016

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