Armin Zinser
Société de Gestion Prévoir

Le point des gérants | 4 avril 2017 | Editorial

Et la hausse se nourrit de la hausse

D’un point de vue boursier, il n’y a aucune signe de retenue. Bien au contraire.
Prenons l’exemple du DAX en Allemagne. Après un petit retour sous la barre des 12 000 points la semaine dernière, il s’est rapidement redressé pour s’installer au-dessus de ce niveau et préserver sa dynamique haussière. Même constat pour l’Eurostoxx et, plus étonnamment, pour le CAC40 qui culmine maintenant au-dessus des 5 000 points. Concernant ce dernier, les risques politiques liés à l’élection présidentielle sont presque éclipsés par l’appétit des investisseurs. Ainsi, les marchés semblent enfin accepter l’idée que les économies européennes sont en meilleure santé qu’on ne le pense et, surtout, que la valorisation des titres européens reste bien inférieure à celle de leurs frères outre-Atlantique.

Une meilleure santé que prévu

Le déclenchement de l’article 50 par les Britannique, via leur PM Theresa May, n’a même pas contrecarré cet élan. Bien au contraire. Pour preuve, Deutsche Börse a bénéficié de l’abandon de sa fusion avec la London Stock Exchange en s’octroyant plus de 5% en une semaine. Dans ce contexte, deux autres valeurs retiennent également notre attention. La première, Infineon — après une progression de 50% en 1 an et 12% en 1 semaine — est loin d’être survalorisée et devrait profiter de la pertinence de son modèle économique centré sur la conduite autonome. La deuxième, la société Belge Melexis, tout comme Infineon, compte parmi les entreprises à la tête de la révolution qui se veut disruptive.
Durant ces dernières semaines, Adidas a également progressé de 12% malgré les attaques de bears. Finalement, l’équipementier sportif allemand a réussi à surperformer son concurrent américain Nike, et cela, sans se livrer à une ruineuse guerre de prix.

Une hirondelle ne fait pas le printemps

Même une banque comme la Commerzbank a progressé de 19% ces derniers mois. La possibilité que la BCE emboîte le pas à la FED en augmentant les taux d’intérêt a alimenté cette dynamique haussière. Néanmoins, suite à cette fameuse union bancaire, la situation dans le secteur reste globalement très précaire. Il ne faut pas oublier qu’une éventuelle hausse des taux pourrait avoir un effet boomerang. En effet, les Etats déjà (ou toujours) surendettés se verraient confrontés à un alourdissement du poids de leurs dettes. Nous restons donc toujours sceptiques à l’égard du secteur bancaire dans son ensemble. Sachant qu’une hirondelle ne fait pas le printemps, la prudence sur ce secteur est certainement mère de sûreté.
En définitive, le mois de mars a balayé les arguments des défaitistes et des Cassandre de tous bords. Plusieurs institutionnels, toujours en attente d’une correction et donc n’ayant pas investi, ont été finalement obligés de courir après le papier et les prix. La grande surprise est que, malgré la hausse de ces dernières semaines, le pessimisme reste toujours très élevé avec des statistiques reflétant qu’un tiers des acteurs anticipent une baisse des prix et un autre tiers une stagnation de ces prix. Par conséquent, l’intention d’investissement reste à un niveau bas.
Tous les ingrédients pour une future hausse sont ainsi réunis. Vivement que l’élection présidentielle se termine afin d’apporter du soulagement aux bourses et notamment pour le CAC.

Armin Zinser
Le 4 avril 2017
© Copyright - Investeam Design by O.L.C
X