David Dehache
Société de Gestion Prévoir

Le point des gérants | 11 avril 2017 | Editorial

Quand la Chine se dépolluera

Lorsque qu’on évoque la Chine moderne, une des premières images qui vient à l’esprit, c’est la pollution et, en particulier, l’épais nuage constitué de particules fines et de gaz toxiques qui s’abat de façon régulière sur Pékin.
Face à ce fléau permanent, le gouvernement chinois commence à prendre la mesure du problème. En premier lieu, il est prévu de réduire la part du charbon dans le mix énergétique pour la faire passer sous le seuil de 60 % d’ici 2020 (vs environ 70 % au début de la décennie). En contrepartie, Pékin vise une hausse des énergies renouvelables et en particulier du solaire.

Vers un mix d’énergie propre

Le virage du plus gros pollueur au monde vers l’énergie propre a déjà commencé. Du reste, la Chine est devenue le premier producteur mondial d’énergie solaire devant l’Allemagne et le Japon. Le mix d’énergie propre — solaire, éolien, hydroélectricité — dans la production d’électricité du pays dépasserait désormais les 15 %. En outre, la part de marché mondiale des producteurs chinois de cellules photovoltaïques est de plus de 50 % et la Chine peut s’appuyer sur ses acteurs locaux pour ses plans de développement vers le solaire.
Les efforts ne sont pas uniquement focalisés sur la production d’électricité. Le marché des voitures 100 % électriques et hybrides rechargeables, bien que très jeune, a désormais passé la barre des 2 millions de véhicules vendus dans le monde. Et si ce marché fait penser, en premier lieu, à Tesla et aux Etats-Unis, c’est pourtant la Chine qui en est désormais le numéro 1 avec une base de 645k véhicules devant les Etats-Unis (570k). A elle seule, la Chine représente la taille de toute l’Europe.

2 millions de véhicules propres en 2020

Et elle ne compte pas en rester là… L’objectif affiché est d’arriver à une flotte de 5 millions de véhicules électriques et hybrides rechargeables d’ici 2020, ce qui supposerait un rythme de croisière de ventes de 1,5 million en 2020. A titre de comparaison, Tesla qui est également très ambitieux n’a produit que 25k voitures au dernier trimestre 2016. La firme américaine vient toutefois d’annoncer un objectif de production de 10k véhicules par semaine pour son futur model3, qu’elle espère atteindre durant l’année 2018.
De leur côté, les acteurs chinois ne comptent pas laisser ce marché aux producteurs étrangers. Geely a annoncé un objectif de production de 2 millions de véhicules pour 2020 (dont quelques milliers viendront de Links, la co-entreprise avec Volvo que la maison mère Geely Holding a acquise en 2010) à comparer à une estimation de ventes de 1 million d’unités en 2017. Surtout, Geely estime que 90% des volumes de 2020 seront composés de « véhicules à énergie nouvelle » qui, dans leur définition, incluent aussi l’hybride classique.
La lutte contre la pollution crée donc désormais une opportunité sur le marché chinois. Ce n’est pas un hasard si, récemment, les médias chinois évoquaient la possibilité que les taxis traditionnels des 26 principales villes de la province du Hebei, dont Pékin et Tianjin, seraient obligés, dans un avenir proche, de migrer vers une propulsion électrique. Si cela se concrétisait, cela correspondrait à 60k taxis pour la seule ville de Pékin.

David Dehache
Le 11 avril 2017

© Copyright - Investeam Design by O.L.C
X