Grégoire Painvin
JMC Asset Management

Le point des gérants | 10 mars 2017 | Editorial

Smart move

Il y a environ 8 ans, Jamie Dimon, le CEO de JP Morgan, faisait un discours sur la pelouse de la Maison Blanche pour rassurer le monde : le ciel ne nous était pas tombé sur la tête et sa banque n’allait pas faire faillite. L’environnement était alors morose et la bourse américaine en berne, affichant des pertes d’environ 25 % depuis le début de l’année, dans le sillage d’une chute de près de 40 % l’année précédente. Mais le message fut entendu : le S&P 500 se lança alors dans une inexorable marche haussière — allant, malgré quelques frayeurs, jusqu’à plus que tripler depuis mars 2009.

La confiance, au-delà de l’effet Trump

Aujourd’hui, et surtout depuis l’élection présidentielle américaine, le momentum haussier du marché reste fort. Comme nous l’avons évoqué précédemment dans ces colonnes, l’effet Trump apparaît comme la principale raison. En effet, le nouveau président a annoncé des coupes fiscales, un réaménagement du paysage règlementaire et un projet de grands travaux d’infrastructure. Et, jusqu’à présent, les traders ont ignoré les dimensions négatives du nouveau gouvernement. Toutefois, le soi-disant rallye Trump n’explique pas tout. L’économie américaine (et globale) continuent de s’améliorer et les fondamentaux restent solides. La saison des résultats trimestriels fut positive dans son ensemble et les analystes prévoient toujours une croissance des bénéfices à deux chiffres pour 2017. La confiance des acteurs économiques reste forte. De plus, après les discours récents de certains membres de la Fed, les investisseurs semblent avoir accepté l’hypothèse d’un rehaussement des taux directeurs la semaine prochaine. Enfin, le risque de récession reste faible dans l’immédiat.

Des risques qui perdurent, aussi

Toutefois, on peut se demander si les gains futurs n’ont pas été décalés au présent. En moins de trois mois, le S&P 500 a dépassé les niveaux de fin d’année 2017 anticipés par les stratégistes de la place, incitant déjà des révisions à la hausse. Lors de son premier discours face au Congrès il y a une dizaine de jours, Donald Trump a maintenu un ton plus sobre, plus présidentiel. Cependant, pour l’instant, le concret manque à l’appel. Les risques, notamment politiques, sont plus que jamais présents, non seulement aux Etats-Unis mais également en Europe où des élections majeures se dérouleront dans les prochains mois. L’incertitude est à son paroxysme. A titre d’illustration, les secteurs défensifs ont repris le dessus sur les cycliques depuis quelques semaines, témoignant ainsi de la prudence des investisseurs.

Sceptiquement optimistes

En ce qui nous concerne, nous paraphraserons l’économiste John Mauldin en nous définissant comme étant d’un « optimisme sceptique. » Un de nos gérants le souligne : les opportunités se font rare aujourd’hui, notamment au regard des valorisations élevées. Dans le même temps, il semble difficile de sortir de nos positions actuelles compte tenu de la persistance du momentum. Nous restons donc patients, dans l’attente de pouvoir tirer profit des opportunités qui apparaitront au retour de la volatilité. 

Grégoire Painvin
Le 10 mars 2017

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